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🍄Maladies & Prévention · 2025

Botrytis en serre : comment la ventilation contrôlée réduit les pertes de 30 %

La pourriture grise est la première maladie fongique en serre maraîchère. Elle se développe silencieusement dans un air chaud et humide, et peut anéantir un tiers d'une récolte en quelques jours. La solution la plus efficace — et la moins coûteuse grâce aux CEE — est la ventilation mécanique contrôlée double flux.

Mis à jour : mai 2025Lecture : 8 min

Qu'est-ce que le botrytis et pourquoi ravage-t-il les serres maraîchères ?

Botrytis cinerea— communément appelée pourriture grise — est un champignon pathogène ubiquitaire présent dans presque tous les sols et sur la plupart des débris végétaux. Contrairement à d'autres maladies cryptogamiques, le botrytis ne cible pas une culture spécifique : il s'attaque aux tomates, poivrons, concombres, laitues, fraises, vigne et à la grande majorité des espèces cultivées sous serre.

Son développement est spectaculairement rapide. Dans des conditions favorables, les spores germent en moins de 6 heureset colonisent un tissu végétal en 24 à 48 heures. La contamination se propage ensuite par les courants d'air intérieurs, touchant feuille après feuille et plant après plant. Sur une surface de 1 000 m², un foyer non détecté peut s'étendre à l'ensemble de la culture en moins d'une semaine.

Impact économique : des chiffres alarmants

L'impact économique du botrytis en France est considérable. Selon les données agronomiques disponibles, la pourriture grise représente la première cause de pertes post-récolte en serre, devant les ravageurs et les accidents climatiques. Dans les exploitations non équipées de ventilation adaptée, les pertes oscillent entre 15 et 35 % selon les années et les cultures.

🍅

15–25 %

Tomates

de pertes sur les fruits en conditions humides

🥒

10–20 %

Concombres

sur les tiges et feuilles basses

🥬

Jusqu'à 40 %

Laitues

en automne-hiver, cultures très sensibles

🫑

10–30 %

Poivrons

au collet et sur les fruits

Au-delà des pertes directes sur les fruits et légumes, le botrytis engendre des coûts indirects importants : traitements fongicides répétés, main-d'œuvre pour l'élimination des parties atteintes, et risque de résidus phytosanitaires sur les productions destinées à la vente. Pour une exploitation de taille moyenne, le coût global — pertes + traitements — peut dépasser 8 000 à 15 000 € par saison.

Le rôle de l'humidité et de la température dans le développement du champignon

Comprendre les conditions qui favorisent le botrytis est la première étape pour le contrôler. Le champignon prospère dans une fenêtre de conditions climatiques précises que l'on retrouve fréquemment dans les serres non équipées de ventilation efficace.

La fenêtre de risque climatique

💧

Humidité relative > 85 %

C'est le facteur déclenchant principal. Au-dessus de 85 % d'HR, les spores de botrytis germent et colonisent les tissus végétaux en quelques heures. La condensation sur les feuilles et les fruits est un signal d'alarme immédiat.

🌡️

Températures entre 15 et 25 °C

Le botrytis se développe dans une large plage thermique. Les températures nocturnes entre 15 et 20 °C combinées à une HR élevée constituent le scénario le plus risqué — typique des serres en automne et au printemps.

🌬️

Air stagnant et confiné

Sans renouvellement d'air, l'humidité s'accumule dans les zones basses et autour du feuillage. Les micro-zones à 90–95 % d'HR, impossibles à voir à l'œil nu, sont des foyers parfaits pour la germination des spores.

🌑

Faible luminosité

En hiver, les journées courtes réduisent la transpiration des plantes et l'évaporation naturelle, maintenant l'humidité foliaire à des niveaux dangereux. Le risque est maximal de novembre à février.

Le piège du dégel :La transition nuit/jour est le moment le plus risqué. La serre refroidie la nuit se réchauffe rapidement le matin, faisant chuter l'humidité relative. Mais si l'air n'est pas renouvelé, la condensation de la nuit reste présente sur les feuilles, créant une surface d'inoculation idéale pour les spores en suspension dans l'air.

Comment une VMC double flux réduit l'hygrométrie et prévient le botrytis

La ventilation mécanique contrôlée (VMC) double flux agit directement sur les deux facteurs déclenchants du botrytis : l'humidité relative et la stagnation de l'air. Contrairement aux ouvertures manuelles de toiture ou aux ventilateurs simples, elle maintient un renouvellement d'air constant, 24h/24, indépendamment des conditions extérieures.

Les trois mécanismes de protection contre le botrytis

1

Contrôle continu de l'hygrométrie

La VMC double flux est couplée à des sondes hygrométriques qui mesurent en permanence le taux d'humidité dans la serre. Dès que l'HR approche des 80 %, le système augmente automatiquement le débit d'air pour extraire l'excès d'humidité avant qu'il n'atteigne le seuil critique de 85 %. L'objectif est de maintenir une HR stable entre 65 et 78 %, zone défavorable au développement fongique.

2

Élimination des zones stagnantes

Un réseau de gaines de distribution répartit uniformément l'air frais sur toute la surface de la serre. Il n'y a plus de zones mortes dans les angles, autour des plants ou sous le feuillage dense — précisément là où le botrytis s'installe en premier. Le brassage homogène de l'air empêche la formation des micro-zones à humidité critique.

3

Fonctionnement nocturne ininterrompu

Le botrytis se développe principalement la nuit, quand la température baisse et que la transpiration végétale s'arrête. La VMC double flux continue de fonctionner pendant toute la nuit à débit réduit, évitant la condensation nocturne sur les feuilles et maintenant une circulation d'air même en l'absence d'ouvertures.

Pour approfondir le fonctionnement technique d'une VMC double flux en serre, consultez notre guide complet sur la VMC double flux en serre agricole, qui détaille les composants, les comparaisons avec le simple flux et les gains énergétiques.

Le botrytis est indissociable du problème plus large de la condensation en serre. Pour comprendre comment l'humidité se forme et comment la maîtriser, lisez notre guide sur la condensation et l'humidité en serre.

Résultat concret : −30 % de pertes avec la ventilation contrôlée

Les données de terrain recueillies auprès d'exploitations équipées de VMC double flux sont convergentes : la réduction des pertes liées au botrytis atteint en moyenne 30 %, avec des pics à 50 % sur les cultures les plus sensibles comme les fraises et les tomates cerises en périodes humides.

“

Avant la VMC double flux, on traitait au fongicide toutes les deux semaines d'octobre à mars — et malgré ça, on perdait entre 20 et 30 % des tomates à cause du botrytis. La première saison avec le nouveau système, les pertes sont tombées à moins de 5 %. On a divisé par quatre les applications de fongicides. Et la serre reste à moins de 80 % d'humidité même par temps de brouillard.

Marc T., maraîcher en Loire-Atlantique — serre tomates 2 200 m²

–30 %

Pertes en récolte

Réduction moyenne des pertes liées au botrytis

–50 %

Traitements fongicides

Moins d'applications de produits phytosanitaires

< 80 %

Humidité maintenue

HR maintenue sous le seuil critique en permanence

24h/24

Protection continue

Même la nuit, pendant les périodes à risque maximum

Ces résultats se traduisent concrètement en chiffre d'affaires. Sur une exploitation de 2 000 m² avec un chiffre d'affaires annuel de 80 000 €, réduire les pertes de 25 % à moins de 5 % représente un gain de 16 000 € par an. En ajoutant les économies sur les fongicides et la main-d'œuvre de traitement, le retour sur investissement de la VMC double flux est atteint en moins de deux saisons — avant même de compter les économies d'énergie sur le chauffage.

Financer votre VMC grâce à la fiche CEE AGRI-TH-119

Si les bénéfices agronomiques de la VMC double flux sont clairs, c'est l'aspect financier qui lève le dernier frein à l'investissement. L'État a créé une fiche CEE spécialement dédiée à l'installation de VMC double flux en serre agricole : la fiche AGRI-TH-119. Cette aide, financée par les grandes compagnies énergétiques (EDF, Engie, TotalEnergies), peut couvrir jusqu'à la totalité du coût d'installation pour les serres de taille suffisante.

Qui est éligible à la fiche AGRI-TH-119 ?

  • Exploitant agricole professionnel avec une serre chauffée
  • Surface de serre minimale (variable selon les obligés CEE, généralement 500 m²)
  • Installation réalisée par un professionnel certifié RGE
  • Dossier CEE initié avant le début des travaux (condition impérative)
Règle d'or : Le dossier CEE doit obligatoirement être ouvert avantle début des travaux. Ne démarrez jamais l'installation sans avoir signé l'engagement préalable — vous perdriez définitivement le droit à l'aide, même si votre exploitation est parfaitement éligible.

Montants indicatifs selon la surface

Surface de serrePrime CEE indicativeCouverture
500 à 1 000 m²5 000 – 10 000 €60–80 %
1 000 à 2 500 m²10 000 – 25 000 €80–100 %
2 500 à 5 000 m²25 000 – 50 000 €100 %+
Au-delà de 5 000 m²Sur devis100 % garanti

Pour tout comprendre sur le mécanisme des CEE, les conditions d'éligibilité détaillées et les démarches à suivre, consultez notre guide complet sur les aides CEE pour serre maraîchère en 2025.

Conclusion : la ventilation, votre meilleur fongicide

Face au botrytis, les traitements chimiques sont une réponse curative coûteuse qui ne s'attaque pas aux causes. La ventilation mécanique contrôlée double flux est la seule approche préventive et permanente : elle supprime les conditions qui permettent au champignon de se développer, avant même que les spores ne germent.

Le bénéfice est double : vos cultures sont mieux protégées et votre serre consomme moins d'énergie. La fiche CEE AGRI-TH-119 permet de financer cet investissement sans reste à charge significatif pour la majorité des exploitations maraîchères françaises.

La première étape est simple : vérifier si votre exploitation est éligible et quel montant d'aide vous pouvez obtenir. L'étude est gratuite, sans engagement, et vous donne une réponse sous 48 heures.

Protégez vos cultures — financé par les CEE

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